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Finance personnelle

5 questions à poser à ton conseiller bancaire ce mois-ci

ParÉtienne Lejeune
Publié
Lecture4 min

On nous demande souvent : « Comment tester mon conseiller bancaire actuel sans tout transférer immédiatement? »

Voici 5 questions concrètes qui vont rapidement clarifier si tu es bien conseillé — ou simplement bien vendu.

Question 1 : « Quel est le ratio total des frais de gestion sur mon portefeuille, incluant ta rémunération? »

C'est la question qui fait le plus mal aux conseillers bancaires moyens.

Bonne réponse : « Tes frais de RFG moyens sont de X %. Ma rémunération est incluse, je suis payé par commission sur les fonds, c'est environ Y %. Total : X+Y %. »

Mauvaise réponse : « C'est environ 2 %, c'est inclus dans le rendement, t'as rien à payer. »

Si la réponse est floue, demande un breakdown écrit. Tout conseiller compétent peut te donner les chiffres exacts. La transparence est légalement obligatoire — ils peuvent juste être paresseux à le présenter.

Question 2 : « Pourquoi mon argent n'est pas dans des FNB indiciels avec des frais de 0,2 % ? »

Cette question force le conseiller à justifier la valeur ajoutée de la gestion active à frais élevés.

Bonne réponse : « Pour ton profil, voici les avantages spécifiques [conditions précises]. Cela dit, on pourrait considérer une portion en indiciel pour réduire les coûts. »

Mauvaise réponse : « Les fonds gérés battent l'indice à long terme. » (Statistiquement faux pour 75-90 % des gestionnaires sur 10 ans).

Ou pire : « Les FNB, c'est risqué. » (Ils ne sont pas plus risqués que des fonds gérés équivalents — ils suivent simplement l'indice.)

Question 3 : « Si je veux transférer une partie de mon argent vers un autre conseiller pour comparer, est-ce que tu vas m'aider ou y a-t-il des frais cachés? »

Tu n'as pas l'intention de transférer (peut-être). Tu veux voir comment ton conseiller réagit.

Bonne réponse : « Bien sûr. Voici comment procéder, voici les frais de transfert standards (souvent 100-150 $ par compte), voici comment éviter les pénalités. »

Mauvaise réponse : Évitement, ton défensif, tentatives de te dissuader, mention de pénalités vagues, pression émotionnelle (« on travaille ensemble depuis 10 ans... »).

Un bon conseiller n'a aucun problème avec la transparence sur les options de transfert. Il sait qu'il livre de la valeur.

Question 4 : « Quelle est ma stratégie fiscale entre mes différents comptes? »

Ça teste si ton conseiller pense au-delà de chaque compte individuellement.

Bonne réponse : « Voici pourquoi tes actions américaines sont dans le REER (pour éviter l'impôt étranger), pourquoi tes obligations sont dans le compte non enregistré (intérêts taxés au taux marginal de toute façon), et pourquoi ton CELI contient les FNB de croissance (croissance non imposable maximisée). »

Mauvaise réponse : « On a juste mis le portefeuille équilibré dans tous tes comptes. »

Si ton conseiller n'a pas une stratégie fiscale par compte, tu paies probablement plusieurs milliers de dollars en impôt évitable chaque année.

Question 5 : « Si je perdais mon emploi demain, qu'est-ce que tu me recommanderais en termes d'actions à prendre? »

C'est une question de planification, pas de produit. Elle teste si ton conseiller comprend ta vie au-delà de tes placements.

Bonne réponse : « Voici ton fonds d'urgence actuel, voici combien de mois ça couvre. On regarderait le délai d'attente sur ton assurance invalidité, on évaluerait si tu utiliserais ton CELI comme tampon avant le REER, on considérerait des options comme une marge de crédit pré-approuvée si nécessaire. »

Mauvaise réponse : Hésitation, redirection vers des produits, ou suggestion de juste « attendre que ça passe ».

Un bon conseiller pense à ta vie financière complète, pas juste à tes placements actifs.

Le bonus : la question de la révision

« Quand est notre prochaine rencontre prévue de révision? »

Si ton conseiller n'a pas un système de révision proactif (1-2 fois par année minimum, avec ordre du jour préparé), il n'est pas en train de te conseiller activement. Il gère passivement ton argent.

Que faire si ton conseiller échoue ces tests

Tu n'as pas à transférer immédiatement. Mais commence à magasiner. Compare avec : - Un conseiller indépendant (comme Finox) - Un robo-conseiller pour la portion simple (Wealthsimple, Questrade Self-Directed avec FNB) - Un planificateur honoraires-seuls (sans commission, payé directement par toi)

Tu n'as pas besoin de tout déplacer d'un coup. Commence par un compte (le CELI, par exemple) et compare la performance et le service sur 12 mois. Si la nouvelle option livre mieux, transfère le reste graduellement.

Notre approche

On encourage les nouveaux clients à ne PAS tout transférer immédiatement. On suggère souvent de commencer par 30-50 % des actifs, voir si on livre, et décider après. C'est plus engageant pour nous (on doit prouver notre valeur), mais c'est mieux pour le client.

Si ton conseiller actuel mérite encore ta confiance, t'as pas besoin de bouger. On te le dira honnêtement après une analyse.

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